Waaaaaa H’mad ! Qui ne se souvient pas de cette succulente pub de Maroc Telecom au bon goût de terroir marocain. Ancré dans notre quotidien, les marocains se sont sentis représentés par un Khiari quelque peu agacé par sa voisine à la voix stridente. Malheureusement, cet exemple de marketing du terroir est rare dans le paysage des entreprises marocaines.
En toute logique, lorsqu’une entreprise a identifié sa cible, elle adapte sa communication, ses opérations marketing, en fonction. Le bijoutier Cartier ne va pas faire d’opération marketing à Derb Ghalef, les habitants risquent de ne pas lui faire de quartier. De même, on voit mal la marque de shampooing Cadum distribuer des mini-échantillons dans les SPA huppés de Marrakech, Mme Tazi hurlura alors “Au secours, y a des jeunes filles qui veulent attaquer mes cheveux avec du shampooing Cadum !!”.
Pourtant au Maroc, au-delà de ces exemples extrêmes, on assiste à des non-sens marketing. J’en veux pour preuve des journaux qui font moins de 6000 ventes par jour et qui sont envahis de publicité. On justifie cela par la cible intéressante : “Ce sont des CSP+”. “CSP+ Ouu mali ana, j’y soui CSP- ? Moi j’y fais le CP, le CE1 et plus !!”, répond Omar, le vendeur de KawKaw , diplômé chomeur depuis … qu’il a eu son diplôme d’archéologie. Autant dire que cela fait des siècles !
CSP+ donc, une classe à part que tout le monde s’arrache. Mais l’ONCF ne transporte pas que des CSP+. C’est plutôt le contraire qui est la règle. Des milliers de marocains modestes engraissent le cheval de fer chaque jour. Mais quand on cherche dans les journaux arabophones, dont le tirage est pourtant bien plus important que la presse francophone, on voit peu ou pas du tout les pleines pages achetées par la société du rail. » Read the rest of the entry..