Dans l’esprit de bon nombre d’entrepreneurs marocains (souvent dans les PME familiales), il suffit de produire pour vendre et donc réaliser
une grande victoire commerciale. De ce fait, pensent-ils, il n’y a pas de raison pour gaspiller des ressources en faisant la publicité, la promotion des ventes, les études de marché, et même la formation des vendeurs ; Les responsables des petites entreprises voient que c’est le client qui doit venir chercher leurs produits et non l’inverse. Le marketing est donc considéré comme une technique chère qui nécessite une structure organisationnelle formalisée avec un degré suffisant de division des tâches.
Les grandes entreprises qui se voient « modernes », adoptent, certes certaines nouvelles techniques dans leur domaines de gestion (marketing, politique générale, planification…), mais souvent par mimétisme. Elles considèrent que l’imitation des grandes firmes étrangères est condition essentielle pour sortir de leur crise et donc pour survivre et affronter la concurrence mondiale.
Nos entreprises sont donc incitées à constituer un système marketing qui leur sera propre et ce dans le but d’avoir une veille marketing efficace et un avantage concurrentiel susceptibles d’augmenter leur chance de développement.
Cependant, nous sommes encore loin de considérer, dans les entreprises marocaines, le marketing comme un système cohérent qui fixera les buts ultimes à atteindre. Ainsi, l’élaboration d’un système marketing suppose :
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La prise en compte des contraintes de l’environnement de l’entreprise marocaine et du consommateur lors de la prise de décision stratégique ;
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La présence d’un département marketing structuré ;
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La présence d’entrepreneurs et de responsables (dirigeants) compétents ;
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La mise en place d’un système d’information marketing ;
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L’existence d’un organe responsable du contrôle stratégique des performances ;
Or, dans la plupart des entreprises marocaines, on constate l’absence d’un vrai département marketing. C’est surtout le service commercial ou la direction générale qui s’occupe de tout. Il y a une prédominance des comptables dans la prise de décision marketing ou plutôt commerciale.
Donc je peux avancer, qu’au Maroc, la conception marketing est encore à ses débuts. Le manque de moyens humains, matériels et financiers réduit l’importance accordée aux techniques des études de marché. En effet, les outils modernes qui facilitent le déroulement des enquêtes sont très insuffisantes sinon inexistants et très onéreux. Les enquêteurs perdent leur temps dans la rue ou dans les lieux de travail pour obtenir des réponses à certaines questions de leurs questionnaires.
D’autres voies classiques sont suivies au Maroc pour connaître le marché et les opinions des consommateurs. On peut citer principalement, l’enquête par interview ou l’administration du questionnaire par méthode postale. Pour le premier cas, les gens n’ont pas souvent le temps pour recevoir les enquêteurs, dans le second cas, on risque d’avoir un temps de retour ou de réponse très faible. Ajoutons à cela, la nature du comportement de la majorité des marocains à l’égard des sondages d’opinion : ils sont dans la plupart des cas très réticents (crainte de perdre son poste de travail en divulguant des « secrets », contrôle du supérieur, crainte d’un contrôle fiscal, remise en cause de la personnalité même de l’enquêteur…). Cela réduit largement l’efficacité des études menées par les entreprises marocaines.
Malgré tout cela, certaines entreprises (les grandes notamment ou les filiales des firmes multinationales) disposent d’un plan marketing très clair. Elles savent bien quels produits fabriquer et présenter au consommateur, les prix qu’il faut leur appliquer, les canaux et les circuits adéquats pour les distribuer et surtout les moyens de communication les plus importants pour les faire connaître auprès des gens. Je peux citer par exemple : Itissalat Al Maghreb (IAM), Méditel, Wana, Coca Cola, Procter & Gamble (Tide), Lessieur …
Signalons, enfin, que les entreprises marocaines, dans un souci de compétitivité mondiale dans un contexte de mondialisation et de globalisation des marchés, doivent améliorer leur démarche marketing en adoptant les vraies techniques, en ayant une veille informationnelle et en faisant appel à des compétences diverses …